François Bonneau, Le vent quand il ne souffle pas – vases communicants octobre –

«(…) pourquoi ne pas imaginer, le 1er vendredi de chaque mois, une sorte d’échange généralisé, chacun écrivant chez un autre-? Suis sûr qu’on y découvrirait des nouveaux sites (…)». François Bon et Scriptopolis ont lancé l’idée des Vases Communicants.

***

Grand plaisir d’échanger ce jour avec François Bonneau du blog L’irrégulier

auteur d’un texte hors norme et presque « hors dimension » (ou plutôt d’une dimension inhabituelle)  

Millimètres

objet sonore et fragmenté, expérience réelle, intérieure, ne ressemblant à aucune autre, avec pistes de lectures multiples .

« C’est une voix en lutte contre la pensée qui décortique, la pensée qui règle et organise le monde, la ville, notre présent. Mais on ne mène pas cette lutte à distance : on va tout auprès, tout contre de ce qui plie, craque, grince, tranche. On bat la mesure. »

C’est au contraire vers le ‘massif’ que nous avons orienté ce vase communiquant en choisissant notre thème commun, la voiture.

 

Le vent quand il ne souffle pas.

La clé, on pourra l’arracher là-bas ; le silence, alors, se percera des cliquetis irréguliers du moteur qui refroidit.

Plus tard, moteur éteint, je ferai ce que fait le vent quand il ne souffle pas.

Pour l’heure, rouler encore, vitres closes.

Sur une aire de repos, on croisera cette jeune fille, dans sa Mercedes antique et vaste, une qui tracte plus qu’elle ne propulse, une qui préfère baisser ses phares. Une qui a mis les bouts.

Pneu crevé, on consolera celui qui maudissait sa citadine, celui qui, dit-il, a déserté le caillon, qui agite le manche du cric, qui se couche sous son véhicule, qui n’a pas si souvent l’occasion d’observer le labyrinthe qui déborde là dessous, pneu crevé tout de même, il se dira qu’elle n’est pas si mauvaise que ça, et maintenant la manivelle.

Passage cédé, on avancera, parallèle à celle qui ferme ses yeux face au rétroviseur et qui se remaquille, on avancera, toujours parallèles, malgré ce compte-tour qui, régulièrement, grimpe encore et s’agace, malgré les voyants et les avertisseurs, malgré ce plein qu’il faudra bien faire, tôt ou tard.

On aura beau retarder l’érosion, il faudra bien, plus loin plus tard, couper le contact.

Moteur éteint, je ferai ce que fait le vent quand il ne souffle pas.

François Bonneau

qui prend ma place

comme je prends la sienne, ce jour

Les autres auteurs en rendez-vous de vases communicants aujourd’hui peuvent être lus à cette adresse, grâce à Brigitte Célérier (irremplaçable) et à son attention sans faille, grand merci à elle !

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3 réflexions sur “François Bonneau, Le vent quand il ne souffle pas – vases communicants octobre –

  1. La voiture reste un grand mystère. Pourquoi faut-il que les pneus crèvent, dans la littérature, au milieu du désert, comme dans un Road Movie? Excellente réflexion sur une mécanique qui roule des mécaniques

  2. Pingback: François Bonneau, Le vent quand il ne souffle pas – vases communicants octobre - | Les vases communicants | Scoop.it

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