chalindrey – clément

j’y allais en voisine (peut-être à 80 kilomètres de chez moi, secteur connu, je pourrais vous parler de la lourdeur des bas-côtés quand c’est rempli de bauge eau fange marron liquide, avec quelques éclats de feuilles mortes, jaune d’or endormi, on lève la tête et le ciel est intact, majestueux, ici tu lèves la tête vingt fois et vingt fois ça t’étonne cette ampleur, les mouvements de ces masses, une grande roue muette et ses rouages, les monuments de ciels qui s’intercalent entre deux grains, deux soleils plombs, et le bleu, lorsqu’il est clair, presque coupant, un bleu jeune, un qui viendrait de naître, il se pose sur les choses, on dirait que ça les nettoie, alors tu lèves la tête parce que le sol et l’eau boueuse assomment, et les barrières, les barbelés, poteaux cassés abandonnés, plus personne tu te dis, ils sont partis alors ? terre désertée ? et tu entends un coup de feu, un bref, puis un deuxième, les chasseurs ici, invisibles partout, la crainte vole à hauteur des yeux, marcher, faire du vélo, c’est dangereux, bref tu connais ici, l’endroit, l’envers et les canettes de bière vides au saut du Doubs, rien qui t’étonne vraiment. Par bonne conscience tu vas quand même te renseigner sur Chalindrey, commune de gnagnagna tu penses lire, mais non : « le Foulletot, diable rouge, se promenait sur les terres de Chalindrey et allait jouer dans les branches du chêne macabre, le chêne de grosse-sauve, qui avait ses branches tordues comme des cerceaux. Le diable, disait-on, aimait passer dans les branches et malheur à quiconque s’endormait sous le chêne et voyait le diable. » Et Clément Rabiet le vit-il, lui parla-t-il ? il fut pendu), je ne savais pas toutes ces diableries, près de moi.

pistes suivies → hasard de Globe genie puis la fiche Wikipedia de Chalindrey et une recherche d'images de gravures pendu/sorcier me tend une carte sur ce site

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4 réflexions sur “chalindrey – clément

  1. (tous, nous avons les pieds dans la boue, mais certains seulement regardent les étoiles) plus nous sommes près de chez nous, plus nous le regardons, plus il nous devient proche, et plus on l’aime et on ne s’en lasse pas (dans le temps, c’était le Chaix, et Culmont Chalindrey, les changements, le rail et le reste du monde) (jusqu’au moment où il nous devient insupportable, et qu’on change l’horizon) (les voyages, Venise, Trieste puis Ljubljana -seulement deux j- et Salonique… enfin Istanbul) : juste magnifique

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